L’importance du Tristhana dans l’Ashtanga Vinyasa Yoga.

L’Ashtanga Vinyasa Yoga part du mouvement du corps, dans lequel la synchronisation avec le souffle en est le point central, et il y a pour but de nous aider à calmer et focaliser notre esprit, comme tous autres types physiques de Yoga.
Ici la respiration lance le mouvement puis le mouvement et la respiration se fondent l’un dans l’autre.
Le but final du mouvement du corps dans le Yoga ce n’est pas la maitrise des postures « spectaculaires », mais arriver à calmer notre esprit et nous recentrer.
D’ailleurs, on pense au yoga uniquement comme aux mouvements que l’on fait sur un tapis, mais je pense que ca vaut la peine de rappeler (même si de façon pas approfondie) que les « Asana » (donc les postures physiques que l’on fait), représentent uniquement un huitième du système yoga (donc un huitième de « moyens » que l’on a pour nous centrer et nous apaiser), comme dit Patanjali, le grand sage qui nous a laissé l’un des textes le plus sacrés sur la philosophie de Yoga son « Yoga Sutra ».
Les 8 instruments du système Yoga qui permettent l’union du corps, de l’esprit et de l’âme et qui sont tous reliés les uns avec les autres sont:

  • 
YAMA Disciplines éthiques de comportement vers les autres (il y en a 5);
  • 
NYAMA Disciplines éthiques de comportement vers nous mêmes (il y en a 5);
  • ASANA Postures;
  • PRANAYAMA Exercices de contrôle du souffle;
  • PRATYARA Contrôle des sens qui doivent se retirer vers l’intérieur;
  • DHARANA Concentration;
  • DHYANA Méditation;
  • SAMADHI Contemplation.

Pour le Guru et fondateur de l’Ashtanga, S.K.Pattabhi Jois, en pratiquant les Asana suivant le système de l’Ashtanga avec dévotion et constance, on peut atteindre avec patience, toutes les 8 branches du Yoga, car elles vont arriver naturellement, dans l’évolution de la pratique physique.
D’ailleurs, déjà les latins disaient « mens sana in corpore sano » (un cerveau sain réside dans un corps sain), donc a travers le contrôle de notre corps et de notre souffle on peut faire remonter l’inconscient et contrôler nos pensées aussi.
Sur quoi se base donc la pratique de l’Ashtanga pour nous amener vers l’apaisement ?
Sur le Tristhana.
« Tri » en sanscrit signifie trois et « Sthana » signifie le lieu ou il y a de l’action.
Donc les 3 endroits de l’action devraient toujours être pratiqués ensemble et ce sont :

  • La respiration
    La respiration doit être effectuée seulement par le nez ; l’inspiration doit être égale a l’expiration et gardée constante et stable tout au long de la pratique.
    Le souffle doit se faire gentiment sans interruptions et avec un son produit à la base de la gorge.
    Avec la respiration se rajoutent les Bandhas, des verrous internes énergétiques qui, activés, ont pour effet de débloquer l’énergie et  de la canaliser.
    Combinés à la respiration ils permettent d’augmenter le prana (énergie vitale). Ils donnent à la pratique stabilité et légèreté, force et souplesse.
    Ils sont au nombre de trois : Mula bandha (à la racine du périnée), uddiyana bandha (au niveau de nombril) et jalandhara bandha (au niveau de la gorge).
  • Les postures
    Les asana (postures) s’enchainent de façon méthodique avec un alignement correct et sous la guide de un professeur qui suit le « parampara » (=instruit par son maitre suivant la tradition à son tour) ; chaque asana est relie a l’autre et l’ordre doit être suivi.
  • Le point du regard
    Le drsti (point du regard) est la direction ou on doit focaliser notre regard dans chaque asana.
    Cela augmente la concentration, fait tourner notre regard vers l’intérieur et amene un sens d’unité pendant la pratique, pour pouvoir y être plus présent.
    Cela est aussi très bénéfique pou notre vie au quotidien.

Il y a neuf drsti :

  • Urdhva – en haut ;
  • Brumadhya – vers le troisième oeil, le point au milieu de nos sourcils ;
  • Nasagra – vers la pointe du nez ;
  • Parsva – vers la droite ;
  • Parsva – vers la gauche ;
  • Nabhi – vers le nombril ;
  • Hastagra – vers la pointe du doigt majeur ;
  • Angusta – vers le point du pouce ;
  • Padagra – vers la pointe du gros orteil.

Lorsque ces trois éléments respiration, bandha et dristi fusionnent, fluidité et grâce se dégagent de la pratique. Ils ont un effet méditatif sur le pratiquant.

Tristhana s’obtient par la persévérance, c’est la répétition qui permet d’acquérir l’aisance nécessaire donnant aux transitions et aux postures subtilité, stabilité et énergie.

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